Bulles de voyage : une solution pour voyager en 2020

05 Juin 2020 - Nouveautes et tendances
Bulles de voyage : une solution pour voyager en 2020

La fermeture des frontières entraînant l’arrêt de la circulation des voyageurs des suites de la pandémie de la Covid-19 s’est gravement répercutée sur le secteur du tourisme. Ces mesures drastiques tendent toutefois à s’assouplir, ce qui permet aux acteurs du tourisme d’entrevoir une lueur d’espoir face à une éventuelle année sans voyages. Grâce à la création des bulles de voyage mises en place depuis la mi-mai dans certains pays, le déplacement sans ou avec peu de restrictions est devenu possible. Mais quel est donc ce nouveau concept qui pourrait relancer le tourisme dans certains pays ? En plus de l’Europe, dans quelles autres régions est-il mis en place ? 

 La bulle de voyage, kézako ?

Pour contrôler la propagation de la Covid-19, les pays touchés n’ont eu d’autres alternatives que de restreindre la circulation des personnes de différentes manières :

  • en réduisant le flux migratoire. Beaucoup de pays ont fermé leurs frontières à des ressortissants de pays étrangers même s’ils sont en possession d’un visa,
  • en appliquant des mesures sanitaires strictes comme la mise en quarantaine dans un centre payant entre autres,
  • en fermant les aéroports et les gares.

La bulle de voyage est une alternative établie par certains pays pour relancer leur économie, et notamment l’industrie du tourisme, durement touchée par la pandémie de la Covid-19. Elle a pour but de regrouper des pays où la propagation du virus est stabilisée et d’ainsi permettre la libre circulation des personnes sans contraintes, notamment en supprimant la quarantaine. La bulle de voyage permet de rétablir les vols entre des destinations affichant la même situation épidémiologique, ce qui n’est pas sans déplaire aux compagnies aériennes. Suite à la fermeture des frontières, jusqu’à 90 % de la flotte mondiale était clouée au sol selon l’IATA. Toujours d’après l’Association internationale du transport aérien, il faudra attendre 2023 avant que le niveau économique d’avant la crise ne soit retrouvé. Si l’année dernière un record de 4.6 milliards de vols a été enregistré, en avril 2020, le nombre de voyageurs ayant pris un vol était de seulement 47 millions. La mise en place de la bulle de voyage n’est toutefois pas faite à la légère. Tout doit être pensé pour éviter de nouvelles vagues de contamination.

La Corée du Sud et la Chine ouvrent le chemin

La première bulle active est mise en place entre la Corée du Sud et la Chine dès le début du mois de mai 2020. Elle n’est certes pas prévue pour les touristes, mais pose les bases de cette nouvelle approche de voyage post-Covid. Elle s’adresse aux hommes d’affaires « pressés ». Le corridor est établi entre Séoul et quelques villes chinoises, dont Shanghai. Il prévoit une réduction de la quarantaine - ramenée à 2 jours - et la réalisation d’au moins un test dans les deux pays ainsi que l’accélération des procédures. Ces mesures sont loin de décourager les voyageurs. Sur son vol ralliant la capitale sud-coréenne Séoul et Shenyang en Chine, la compagnie aérienne Korean Airlines aurait écoulé en un rien de temps ses 300 places et plus.

Un autre accord était envisagé pour la région de la Grande Baie regroupant Hong Kong, Macao et la province chinoise du Guangdong. Des discussions pour permettre d’établir une durée minimale de la quarantaine étaient en cours. Macao et le Guangdong se sont mis d’accord sur les mesures adéquates le 10 mai, ce qui n’est pas le cas pour Hong Kong qui a dû faire face à des soucis informatiques quant à la création d’un passeport de santé Covid-19.

Singapour envisage aussi l’ouverture d’un canal pour les voyages d’affaires essentiels avec quelques villes et provinces chinoises dont Shanghai et le Guangdong. L’accord prévoit la réalisation de tests avant le départ. Les voyageurs devront présenter un certificat sanitaire attestant qu’ils ne sont pas porteurs du nouveau coronavirus ainsi qu’un itinéraire. Ils n’auront pas le droit de prendre les transports en commun. La cité État envisage la création d’autres canaux avec la région Pacifique, le Canada et la Corée du Sud.

La bulle baltique, un modèle européen

Les Pays baltes regroupant l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, se sont démarqués par leur gestion sanitaire exemplaire de la pandémie. À eux trois, les États baltes ont enregistré à peine 150 décès. Depuis le 15 mai, leurs citoyens peuvent circuler librement d’un pays à l’autre tandis que les voyageurs en provenance d’autres destinations doivent se soumettre à des restrictions, notamment à une quatorzaine.

La bulle baltique est une première en Europe, un modèle dont se sont inspirés de nombreux pays européens. Pour le 16 mai, la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche se sont mises d’accord pour la création d’un canal de voyage qui permet à leurs citoyens de rendre visite à des parents et partenaires professionnels entre autres. Le 15 juin, c’est la Slovaquie qui leur emboîte le pas avec la création d’une bulle de voyage avec la République tchèque et l’Autriche.  Cette date correspond également à la réouverture de nombreuses autres frontières pour des voyages non essentiels. Les Français peuvent notamment se rendre sans restriction vers la Suisse, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

D’autres pays imposent tout de même des conditions d’accès à leur territoire. C’est notamment le cas de l’Islande et de la Grèce. Le gouvernement grec oblige les voyageurs à remplir un formulaire indiquant entre autres la région de départ et les déplacements effectués les 15 derniers jours. Les données ainsi récoltées permettent par la suite de déterminer la nécessité d’effectuer ou non un test de la Covid-19. Si un dépistage doit être fait, il faudra attendre les résultats dans la destination d’arrivée. Les voyageurs en provenance de l’Allemagne, des Balkans et des Pays baltes sont exempts de quarantaine une fois arrivés sur le territoire grec. D'autres pays imposent un isolement d’une durée variable pour tous les voyageurs. C’est le cas du Royaume-Uni, de l’Irlande, du Danemark et de la Croatie. En plus de cet isolement, il faudra présenter une preuve de réservation d’hébergement pour pouvoir voyager librement sur le territoire croate.

La bulle européenne tend à s’élargir

L’Union européenne a largement incité les pays membres à rouvrir leurs frontières au début du mois de juillet. Toutes les conditions d’entrée et de sortie, mais aussi de transit, de réglementation sanitaire sur la destination d’arrivée membre de l’UE sont accessibles sur le site Re-open EU. Depuis le 1er juillet, les États membres ont également émis une liste des ressortissants de 15 pays autorisés sur leur territoire. Elle inclut :

  • la Serbie, le Monténégro et la Géorgie en Europe
  • la Tunisie, le Maroc, l’Algérie et le Rwanda en Afrique
  • la Corée du Sud, la Chine, la Thaïlande et le Japon en Asie
  • l’Uruguay et le Canada aux Amériques
  • l’Australie et la Nouvelle-Zélande en Océanie.

Cette liste est évolutive. Elle peut être allongée ou au contraire raccourcie en tenant compte de la situation sanitaire de chaque destination. Sa mise à jour est réalisée toutes les deux semaines. Cette liste est établie sur différents critères, notamment :

  • le nombre de nouveaux cas qui doit être inférieur à 16 pour 100 000 habitats
  • la tendance de ce taux (stable ou à la baisse)
  • la capacité des tests
  • la réciprocité.

En ce qui concerne ce dernier point, l’UE est dans l’attente de la confirmation de réciprocité de la part de la Chine. Le Canada pour sa part ne prévoit la réouverture de ses frontières qu’à la fin du mois de juillet.

Différentes bulles en vue du côté de la région pacifique

·         Une bulle trans-Tasmanie en vue, mais pas dans l’immédiat

De leur côté, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont prévu la mise en place d’une bulle, le Trans-Tasman bubble. Bien que proches géographiquement et économiquement de l’Asie, ces deux pays ont été jusqu’à maintenant peu affectés par la Covid-19, d’où l’idée de permettre à leurs ressortissants de circuler librement de part et d’autre de la mer de Tasman sans l’obligation d’une quarantaine. L’établissement de ce corridor de voyage vise à rétablir la fréquentation touristique, tout en prévenant un pic épidémiologique à cause de l’importation éventuelle de nouveaux cas.

Au vu de la situation sanitaire en Australie, l’instauration de cette bulle n’est pas pour tout de suite. Il faudra peut-être attendre au moins le mois de septembre. Bien que la situation semble maîtrisée dans différentes régions australiennes suite à l’allègement des mesures sanitaires en mai, ce n’est pas le cas du Victoria. De nouveaux cas ont été enregistrés dans cet État du sud vers la fin du mois de juin, une situation alarmante qui peut aboutir à un nouveau confinement. Depuis, tout déplacement dans la partie du sud du pays est vivement déconseillé. Conscients de la fragilité de la situation sanitaire aussi bien chez leur voisin que sur leur territoire, les Néo-Zélandais demeurent pour l’instant peu enclins à la mise en place de la bulle trans-Tasmanie. Pour remettre à flot le tourisme local, la première ministre Jacinda Ardern a remis sur le tapis la semaine de 4 jours, un projet abandonné au début de l’année. En écourtant les jours travaillés, le concept pourrait inciter les Kiwis à prolonger leur week-end. La semaine de 4 jours a été testée par Microsoft au Japon et a observé une hausse de productivité de 40 %, un point qui pourrait séduire les entreprises néo-zélandaises.

·         Une bulle trans-Pacifique également envisagée

Même si la bulle trans-Tasmanie tarde à venir, différents îles et États du Pacifique ont déjà fait part de leur intérêt pour ce canal de voyage. Il s’agit de destinations « Covid-Free », dont l’économie repose en grande partie sur la venue de touristes australiens et néo-zélandais sur leur territoire. C’est le cas des îles Cook, un archipel du Pacifique Sud. La bulle trans-Tasmanie qui pourrait alors évoluer en un corridor de voyage trans-Pacifique séduit également les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Calédonie et Tahiti. Bien que ces destinations aient enregistré moins de 100 cas de Covid-19 et aucun décès, elles ont été lourdement affectées par la pandémie à cause de la fermeture des frontières. Avec la mise de place de cette bulle de voyage, elles espèrent remettre leur économie sur les rails. Elles sont néanmoins conscientes qu’il s’agit là d’un travail de longue haleine puisqu’il faudra que les destinations membres du bloc puissent se mettre d’accord sur les mesures sanitaires et de sécurité à mettre en place.

·         Une bulle de voyage envisagée du côté des îles Fidji

Les îles Fidji espèrent pouvoir mettre en place prochainement la bulle Bula, du fidjien « bonjour », en collaboration toujours avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le gouvernement fidjien envisage de créer une zone VIP pour les touristes australiens et néo-zélandais avant leur transfert vers une station balnéaire. Pour séduire ces deux pays, les îles Fidji misent sur leur gestion remarquable de la pandémie. Le 5 juin, le gouvernement a annoncé l’absence de nouveaux cas en 45 jours. Au début de la crise, à peine une vingtaine de cas ont été confirmés. Tous les malades se sont rétablis et aucun décès n’a donc été enregistré.

Même si la création de la bulle Bula permettra de remettre sur pied l’économie fidjienne dépendant à 40 % du secteur du tourisme – 60 % si l’on tient compte des emplois induits –, la prudence est de mise. Le risque d’importation de nouveaux cas persiste, qu’importent les mesures sanitaires mises en place.

Qu’en est-il de l’Amérique ?

L'instauration des bulles est étudiée outre-Atlantique, mais à une échelle beaucoup plus réduite qu’en Europe. La libre circulation des individus pourrait être envisagée seulement entre quelques États des USA et régions canadiennes. Pour ce qui est des États-Unis, il faut tenir compte de différents points, notamment du point de vue légal. Autoriser l’accès à un citoyen américain dans un État et l’interdire à un autre irait à l’encontre de la constitution. Néanmoins, un canal Taiwan-Californie pourrait bien voir le jour à travers un programme du Stanford Université qui vise à déterminer le nombre de jours minimum de quarantaine une fois arrivé à destination. L’étude doit être réalisée sur 500 passagers testés négatifs à la Covid-19. Au départ de San Francisco, ils embarqueraient pour un vol vers Taipei. Les passagers devront subir une batterie de tests pendant 14 jours après leur arrivée.

A propos de l'auteur: Emma Cruz
Avant, j'étais journaliste, mais après j'ai consacré  une grande partie de ma vie à visiter les quatre coins du monde. Je ne m'en passe plus actuellement et notamment pour le futur. J'ai fait pas mal de route jusqu'à maintenant. Et ces découvertes, je vous les partage afin que vous puissiez être bien préparé avant d'entreprendre votre escapade lointaine.  Alors, soyez prêts à découvrir le monde et n'oubliez pas de partager vos avis ou vos commentaires.
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