Cap sur Iquique, une ville charmante au nord du Chili

07 Février 2020 - Amerique du Sud
Cap sur Iquique, une ville charmante au nord du Chili

Capitale de la région de Tarapacá, Iquique est une des destinations les plus visitées du nord du Chili. Cette ville chilienne a connu son âge d'or au 19e siècle en tirant profit de l'industrie du salpêtre, alors en plein essor. Certains de ses édifices historiques datent de cette époque, comme la Tour de l'horloge ou le Théâtre Municipal. Ces deux monuments font partie des joyaux du centre historique d'Iquique. Mais d'autres sites valent le détour, que ce soit au milieu du désert d'Atacama ou dans les communes avoisinantes.

Les sites et monuments historiques d'Iquique 

Le patrimoine d'Iquique comprend un certain nombre d'édifices datant du 19e siècle, dont les plus importants avoisinent la Plaza Arturo Prat. 

·         La Plaza Arturo Prat 

Située au cœur d'Iquique, la Plaza Arturo Prat est un point de départ intéressant pour découvrir l'ancienne cité du salpêtre. Si les touristes commencent leur visite dans ce secteur, c'est surtout parce qu'ils y trouvent de nombreux monuments qui comptent parmi les plus emblématiques du pays. Découvrez par exemple le Théâtre Municipal ou encore la Tour de l'horloge ainsi que le Club Croate. Le Casino Español attire aussi de nombreux visiteurs, tout comme le siège de la Société Protectrice des Employés de Tarapacá. 

Descendez ensuite vers le sud, et empruntez la rue piétonne Calle Baquedano. Elle est jalonnée plusieurs demeures datant du 19e siècle. C'est aussi dans cette rue que se trouve le musée région Anker Nielsen, où vous pourrez mieux comprendre comment Iquique et les localités voisines ont pu s'enrichir grâce à l'exploitation du salpêtre. Après la visite, offrez-vous une pause gourmande dans l'un des nombreux restaurants situés à proximité. 

·         La Tour de l'horloge 

La Plaza Arturo Prat est articulée autour de cette tour haute ses 25 mètres. Doté d'une base rectangulaire, l'édifice date de 1878 et porte la signature de l'architecte Eduardo de Lapeyrouse – alors que la ville est encore sous contrôle péruvien – pour remplacer la tour de l'église paroissiale, détruite dans un incendie cinq ans plus tôt. 

La tour est reconnaissable à son horloge à quatre faces. Elle se distingue aussi par les influences gothiques et mauresques de son style architectural. L'édifice comprend en outre une série d'arches destinées à mettre en valeur ses trois niveaux. 

·         Le Théâtre Municipal 

Le Théâtre Municipal est un des plus beaux chefs-d'œuvre architecturaux de la ville. Situé au sud de la Plaza Arturo PratCe bâtiment néoclassique symbolise l'âge d'or qu'a connu Iquique au 19e siècle. Construit en 1889, il deviendra un lieu de divertissement particulièrement prisé des familles qui ont fait fortune dans l'industrie du salpêtre. 

Rien n'est trop beau ou trop grand pour satisfaire la haute société : l'édifice comprend notamment un amphithéâtre dont la scène – sur laquelle se sont produits plusieurs artistes internationaux – mesure 12 mètres de large, 17 mètres de haut et 15 mètres de profondeur. Le lustre principal, pesant 600 kg et comprenant 60 ampoules embellit davantage le décor. 

·         La Société Protrectrice des Employés de Tarapacá 

La Société Protectrice des Employés de Tarapacá voit le jour en 1891. La ville connaît à cette époque une série de mouvements sociaux et politiques en lien avec les revendications des miniers du salpêtre pour de meilleures conditions de travail. Le siège de l'institution est un édifice rectangulaire de style classique, bâti entre 1911 et 1913. Le choix de l'emplacement ne tient pas du hasard. Le bâtiment se dresse en effet près du Théâtre Municipal qui aura longtemps incarné l'hégémonie de la bourgeoisie locale. 

·         Le Casino Español 

Ce bâtiment st situé au nord-est de la Plaza Arturo Prat. Bâti en 1904, l'édifice de style mauresque espagnol impressionne avec son décor intérieur remarquable rehaussé de lampes en fer forgé, d'arcades et de fresques murales. Certaines de ces peintures ont été réalisées par Sixto Rojas. Cet artiste local est un des survivants du massacre de l'École de Santa María, où des soldats ont ouvert le feu, le 21 décembre 1907, sur des milliers de miniers. 

Le Casino Español est aussi connu pour son restaurant au décor luxueux. Après vous être attablé, prenez le temps de monter au deuxième étage où, depuis le balcon, vous pourrez admirer une vue imprenable sur la Plaza Arturo Prat. 

Plusieurs autres monuments historiques sont à découvrir à Iquique, comme le Palacio Astoreca situé sur la Calle Baquedano, la cathédrale de l'Immaculée Conception à l'est de l'ancien édifice des Douanes ou encore l'ancien édifice des Douanes au nord de la place principale.

Le patrimoine naturel de la ville 

Entre plages et étendue désertique, Iquique a beaucoup à offrir à ses visiteurs. 

·         Playa Cavancha 

C'est la plage la plus prisée d'Iquique, certainement en raison de son emplacement au coeur de la ville. Elle s'étend parallèlement à l'Avenida Arturo Prat Chacón. Elle arbore le label Pavillon Bleu, attribué d'après plusieurs critères relatifs à la gestion environnementale, comme la présence d'infrastructures destinées à limiter les impacts de la fréquentation touristique (poubelles de tri, sanitaires, etc.). L'accessibilité du site entre également en ligne de compte, tout comme son niveau de sécurité. Le fait que les eaux soient tranquilles, notamment, en fait une plage idéale pour passer des moments en famille. 

La Playa Cavancha est entourée de plusieurs restaurants, bars et boîtes de nuit. Les touristes ont en outre le choix parmi les nombreux hôtels bordant cette plage de sable blanc. D'autres plages vous attendent plus au nord. Il s'agit entre autres de la Punta Pisagua, la Punta Pichalo, la Playa Seis ou encore la Pisagua Viejo.

·         Playa Brava 

Cette plage de sable blanc longe aussi l'Avenida Arturo Prat Chacón. La houle y est forte et le vent souffle allègrement faisant ainsi la joie des amateurs de planche à voile ou de surf. Le soir, le cadre séduit de nombreux jeunes. Ils s'y retrouvent autour de feux de camp et de la bonne musique ou en jouant de la guitare. 

·         Le Cerro Dragón 

Le Cerro Dragón, situé au sud d'Iquique, est une imposante dune formée vieille de 20 000 ans. S'étendant sur 120 hectares entre océan et montagne, le site s'étire sur 4 km, avec une largeur comprise entre 150 et 550 mètres et une altitude de 320 mètres. Certains visiteurs ne se contentent pas d'admirer cette intimidante colline de sable, mais grimpent jusqu'au sommet pour profiter d'une vue panoramique sur la ville. D'autres font preuve d'encore plus de témérité en s'y élançant en parapente. Le site est aussi un terrain de jeu prisé des amateurs de sandboarding.

Les sites à découvrir dans les alentours d'Iquique 

Si par exemple vous prévoyez de passer une semaine ou deux dans la région de Tarapacá, n'hésitez pas à pousser votre exploration dans les communes voisines d'Iquique notamment au nord, où vous attendent de nombreux joyaux historiques et naturels. 

·         Les anciennes usines de salpêtre

Situées à environ 60 km d'Iquique, au milieu du désert d'Atacama, Humberstone et Santa Laura sont aujourd'hui des cités fantômes perdues. Mais avant d'en arriver là, elles étaient autrefois des villes prospères. Comme d'autres localités de Tarapacá, les deux villes tiraient alors profit de l'essor de l'industrie du salpêtre. L'usine d'Humberstone était d'ailleurs la plus importante de la région. 

Mais cette industrie se retrouve fragilisée par la crise de 1929. La situation va de mal en pis dans les années 1940, et la découverte de la fabrication de l'ammoniac, utilisée pour fabriquer des engrais, n'arrange pas les choses. Les deux usines sont définitivement mises à l'arrêt en 1960. 

Le bus est le moyen le plus abordable pour visiter les sites. Le trajet qui relie Iquique à Humberstone dure environ 36 minutes, les usines se trouvent à moins de 400 mètres de cette cité fantôme. Vous pouvez aussi vous rendre directement sur les lieux en voiture, en taxi ou en Uber. Le trajet dure alors 50 minutes. Des excursions sur mesure sont par ailleurs proposées pour la visite de ces vestiges historiques. 

·         Le village de Mamiña 

Mamiña est situé à environ 125 km à l'est d'Iquique. Le trajet en bus dure deux heures. Si vous y allez en voiture, en taxi ou en Uber, le trajet prend environ 1 h 45. 

Si les visiteurs prennent le temps de visiter ce village situé à 2 750 mètres d'altitude, c'est surtout pour profiter des vertus thérapeutiques de ses eaux thermales. Il existe deux sources à Mamiñan. La température de leur eau atteint respectivement 45 °C et 57 °C. 

Les touristes s'intéressent aussi aux vestiges historiques de Mamiña. Parmi ces joyaux figurent plusieurs maisons construites en pierre volcanique autour de l'église San Marcos, elle-même datant de 1632. Des terrasses où les Indiens aymaras et quéchuas cultivaient fruits et légumes sont également à découvrir. 

·         Les géoglyphes de la région Taparacá 

Parmi les 11 000 géoglyphes que compte le Chili, 6 000 sont situés dans la région de Tarapacá. Les visiteurs découvrent notamment au milieu du désert d'Atacama le Géant éponyme. Il s'agit de la plus grande figure anthropomorphe au monde – 86 mètres de long –, dessinée sur le flanc ouest du Cerro Unita et accompagnée de 21 autres géoglyphes. Le motif représente un homme arborant un masque orné de plumes. Ces détails, associés au fait qu'il tient un bâton de commandement, laissent penser qu'il s'agit peut-être d'un dieu ou d'un chef. Les spécialistes n'ont pas encore identifié le peuple ayant réalisé le Géant d'Atacama. Mais l'œuvre a vraisemblablement été achevée autour de l'an 1000. 

Le Cerro Pintado, un autre site archéologique majeur, se trouve non loin du Géant d'Atacama, au sud de Pozo Almonte et de la réserve nationale de Pampe del Tamarugal, à l'ouest de Matailla et de Pica. Classé monument national, il s'agit d'un ensemble de près de 420 géoglyphes qui s'étend sur 4 km. Les dessins représentent des hommes et des animaux, mais aussi des figures géométriques. Il semble que les habitants de la région aient voulu raconter à travers ces motifs leur quotidien. Par exemple, l'omniprésence des lamas formant des caravanes n'a rien d'un hasard. Pendant plusieurs siècles, les caravanes de lamas étaient des moyens de transport courants dans la région. 

Plus au nord, dans la vallée d'Azapa, se trouve le Cerro Sombrero, où l'on ne se lasse pas d'admirer une myriade de géoglyphes s'étendant sur 1 000 m2. Avec le temps, le site a servi de cadre pour des rites païens puis chrétiens. Mais comme toujours dans cette région, les traditions ancestrales ne sont jamais tombées dans l'oubli, se mélangeant notamment avec des cérémonies catholiques. C'est le cas notamment de la tradition andine de la Pachamama (la mère terre) ou de la célébration du Machaq (Nouvel An aymara), en juin. 

Plus loin dans la vallée, les visiteurs découvrent la Torpilla, un autre ensemble de géoglyphes représentant vraisemblablement des caravanes de lamas. La région peut s'enorgueillir de plusieurs autres sites archéologiques de première importance, comme les géoglyphes de Chiza ou les pétroglyphes de Tiliviche, dans la vallée de Lluta.

Les événements culturels à Iquique et dans les alentours 

Plusieurs manifestations culturelles sont organisées au Chili tout au long de l'année. Certaines mettent à l'honneur des figures religieuses, d'autres la musique, le cinéma ou encore la pêche. 

·         Le Carnaval andin

La municipalité organise le Carnaval andin le dernier weekend du mois de février. La manifestation met à l'honneur la culture andine à travers les costumes, les danses et les chansons folkloriques. La fête est grandiose, avec notamment la participation de centaines de danseurs et fanfares chiliens, mais aussi péruviens et boliviens. 

·         Fête de la Virgen del Carmen

Il s'agit de la plus importante fête religieuse du nord du pays, organisée en hommage à la Vierge Marie. Du 12 au 17 juillet, le village de La Tirana, situé à 72 km au sud-est d'Iquique, accueille plusieurs milliers de pèlerins. Parmi eux figurent des membres d'une centaine de confréries de la région. L'événement illustre, là aussi, la cohabitation entre traditions ancestrales et influences catholiques. La messe est au rendez-vous, bien sûr. Mais ce qui rythme la fête, ce sont surtout des danses traditionnelles inspirées des rites hérités des Incas.

A propos de l'auteur: Emma Cruz
Avant, j'étais journaliste, mais après j'ai consacré  une grande partie de ma vie à visiter les quatre coins du monde. Je ne m'en passe plus actuellement et notamment pour le futur. J'ai fait pas mal de route jusqu'à maintenant. Et ces découvertes, je vous les partage afin que vous puissiez être bien préparé avant d'entreprendre votre escapade lointaine.  Alors, soyez prêts à découvrir le monde et n'oubliez pas de partager vos avis ou vos commentaires.
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